Comprendre les cotisations sociales en 2026
Les cotisations sociales constituent le socle du financement de la protection sociale en France. Elles se divisent en deux grandes catégories : les cotisations salariales, prélevées directement sur le salaire brut du salarié, et les cotisations patronales, payées par l'employeur en sus du salaire brut.
Le total des cotisations sociales représente une part importante du coût du travail. Pour un salaire brut de 3 000,00 €, les cotisations salariales s'élèvent à environ 647,15 € et les cotisations patronales à environ 1 308,08 €, soit un total de 1 955,23 € de cotisations.
Schéma simplifié :
Coût employeur (4 308,08 €)
= Brut (3 000,00 €) + Cotisations patronales (1 308,08 €)
Net avant impôt (2 352,85 €)
= Brut (3 000,00 €) - Cotisations salariales (647,15 €)
Les organismes collecteurs
Les cotisations sont collectées principalement par l'URSSAF (Union de Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales) et par l'AGIRC-ARRCO pour la retraite complémentaire. L'URSSAF redistribue ensuite les fonds aux différentes caisses : Assurance maladie (CNAM), Assurance vieillesse (CNAV), Allocations familiales (CNAF), France Travail (chômage), etc.
Assiettes de cotisation
L'assiette est la base de calcul sur laquelle s'applique le taux de cotisation. On distingue trois types d'assiettes principales : la totalité du brut (cotisations déplafonnées), le brut plafonné au PMSS (4 005,00 € en 2026), et l'assiette CSG-CRDS (98,25 % du brut après abattement de 1,75 % pour frais professionnels).
Les cotisations salariales en détail
Les cotisations salariales sont retenues sur le salaire brut du salarié. Elles financent ses droits futurs (retraite, chômage) et sa protection sociale. Voici le détail de chaque cotisation salariale :
Assurance vieillesse — part salariale
La cotisation vieillesse du salarié comporte deux parts. La part plafonnée (6,90 %) est calculée sur le brut dans la limite du PMSS (4 005,00 €). La part déplafonnée (0,40 %) s'applique sur la totalité du brut. Ces cotisations ouvrent des droits à la retraite de base du régime général.
Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO — tranche 1
Le salarié cotise à hauteur de 3,15 % sur la tranche 1 (jusqu'au PMSS). Cette cotisation génère des points de retraite complémentaire qui s'ajoutent à la pension de base. La répartition est de 40 % salarié / 60 % employeur sur le taux d'appel global de 7,87 %.
Contribution d'Équilibre Général (CEG) — tranche 1
La CEG finance l'équilibre du régime AGIRC-ARRCO. La part salariale est de 0,86 % sur la tranche 1. Cette cotisation ne génère pas de points de retraite supplémentaires mais assure la pérennité du système de retraite complémentaire.
CSG (Contribution Sociale Généralisée)
La CSG est la cotisation salariale la plus importante en montant. Elle comporte une part déductible (6,80 %) qui réduit la base imposable, et une part non déductible (2,40 %) qui reste dans l'assiette de l'impôt sur le revenu. La CSG est calculée sur 98,25 % du brut (après abattement de 1,75 %).
CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale)
La CRDS est fixée à 0,50 % sur la même assiette que la CSG (98,25 % du brut). Elle est intégralement non déductible de l'impôt sur le revenu. Elle finance le remboursement de la dette sociale accumulée (CADES).
Les cotisations patronales en détail
Les cotisations patronales sont payées par l'employeur en sus du salaire brut. Elles représentent une part significative du coût total du travail. Voici le détail de chaque cotisation patronale :
Assurance maladie, maternité, invalidité, décès
Le taux unique est de 13,00 % sur la totalité du brut pour tous les employeurs. Les anciens taux réduits (« bandeau maladie ») ont été supprimés au 1er janvier 2026 par la LFSS 2025 (art. 18) et intégrés dans la RGDU. Cette cotisation est exclusivement patronale et finance l'assurance maladie, maternité, invalidité et décès.
Contribution Solidarité Autonomie (CSA)
La CSA s'élève à 0,30 % sur la totalité du brut. Elle finance la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA), qui prend en charge les personnes âgées dépendantes et les personnes handicapées. C'est une cotisation exclusivement patronale.
Assurance vieillesse — part patronale
Comme pour le salarié, l'employeur cotise sur deux assiettes : la part plafonnée (8,55 %) dans la limite du PMSS et la part déplafonnée (2,11 %) sur la totalité du brut. Les taux patronaux sont plus élevés que les taux salariés, reflétant une prise en charge majoritaire par l'employeur.
Allocations familiales
Le taux unique est de 5,25 % sur la totalité du brut pour tous les employeurs. Les anciens taux réduits (« bandeau allocations familiales ») ont été supprimés au 1er janvier 2026 par la LFSS 2025 (art. 18) et intégrés dans la RGDU. Cette cotisation, exclusivement patronale, finance les prestations familiales (allocations familiales, APL, prime de naissance, etc.).
Assurance chômage
Le taux est de 4,00 % sur la totalité du brut, dans la limite de 4 PMSS (16 020,00 €). Depuis 2018, la cotisation salariale chômage a été supprimée : seul l'employeur cotise. Cette cotisation finance les allocations de retour à l'emploi (ARE) versées par France Travail.
Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO — part patronale
L'employeur cotise à hauteur de 4,72 % sur la tranche 1 (jusqu'au PMSS). La répartition 60/40 signifie que l'employeur prend en charge 60 % du taux d'appel. Pour les cadres avec un salaire supérieur au PMSS, une cotisation tranche 2 de 12,95 % s'applique sur la part entre 1 et 8 PMSS.
Accident du travail / Maladie professionnelle (AT/MP)
Le taux AT/MP est variable selon l'activité de l'entreprise et sa sinistralité. Il est notifié chaque année par la CARSAT. Il peut aller de 0,40 % pour les activités de bureau à plus de 8 % pour les métiers à forte sinistralité (BTP, industrie lourde). Le taux de 2,12 % utilisé dans notre tableau est un taux médian indicatif.
Cotisations spécifiques aux cadres
Les salariés cadres supportent des cotisations supplémentaires par rapport aux non-cadres. Pour un salaire brut de 3 000,00 €, un cadre perçoit un net avant impôt de 2 347,77 € contre 2 352,85 € pour un non-cadre, soit un écart de 5,08 €.
Prévoyance cadre obligatoire
Depuis la convention collective nationale de 1947 (article 7), l'employeur doit financer une prévoyance décès à hauteur de 1,50 % minimum sur la tranche 1 (jusqu'au PMSS). Ce minimum est intégralement à la charge de l'employeur. Beaucoup de conventions collectives prévoient des garanties plus larges (incapacité, invalidité) avec des taux supérieurs.
Cotisation APEC
L'Association Pour l'Emploi des Cadres (APEC) perçoit une cotisation spécifique : 0,020 % à la charge du salarié et 0,040 % à la charge de l'employeur, soit un total de 0,060 % sur la tranche 1 et la tranche 2. Elle finance les services d'accompagnement professionnel des cadres.
Contribution d'Équilibre Technique (CET)
La CET s'applique uniquement aux salariés dont la rémunération dépasse le PMSS (4 005,00 €). Le taux est de 0,14 % pour le salarié et 0,21 % pour l'employeur, soit un total de 0,35 %. Elle est calculée sur la totalité du salaire (tranches 1 et 2).
Retraite complémentaire — tranche 2
Pour la part du salaire comprise entre 1 et 8 PMSS (4 005,00 € à 32 040,00 €), les cotisations de retraite complémentaire sont de 8,64 % pour le salarié et 12,95 % pour l'employeur. Ces taux sont plus élevés qu'en tranche 1, ce qui accentue l'écart de cotisations pour les rémunérations élevées.
CEG — tranche 2
La CEG tranche 2 s'applique sur la part du salaire entre 1 et 8 PMSS. Les taux sont de 1,08 % pour le salarié et 1,62 % pour l'employeur. Comme en tranche 1, la CEG ne génère pas de points mais finance l'équilibre du régime AGIRC-ARRCO.
Non-cadre
2 352,85 €
Coût : 4 308,08 €
Cadre
2 347,77 €
Coût : 4 354,16 €