Guide complet 2026
Cotisations Sociales 2026 — Taux, Plafonds et Calcul
Les cotisations sociales financent l'ensemble de la protection sociale française : assurance maladie, retraite, allocations familiales, assurance chômage et prévoyance. Prélevées sur chaque bulletin de paie, elles se répartissent entre une part salariale (déduite du salaire brut pour obtenir le net) et une part patronale (à la charge de l'employeur, qui s'ajoute au brut pour former le coût total).
En 2026, le système français compte plus d'une trentaine de cotisations et contributions obligatoires. Leurs taux, assiettes et plafonds sont fixés chaque année par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) et les accords AGIRC-ARRCO. Ce guide présente l'ensemble des taux applicables, explique le mécanisme des tranches et plafonds, et illustre concrètement l'impact des cotisations sur trois profils de salariés.
Que vous soyez employeur, gestionnaire de paie, comptable ou salarié souhaitant comprendre votre fiche de paie, cette référence vous permettra de maîtriser le calcul des cotisations sociales et d'anticiper le coût réel d'un salaire.
Tableau des cotisations sociales 2026
Ce tableau regroupe les principales cotisations applicables aux salariés du secteur privé en 2026. Les taux sont exprimés en pourcentage du salaire brut, sur la base ou tranche indiquée.
| Cotisation | Base | Part salariale | Part patronale |
|---|---|---|---|
| Maladie | Totalité | -- | 13,00 % |
| Vieillesse plafonnée | Tranche 1 (≤ 4 005 €) | 6,90 % | 8,55 % |
| Vieillesse déplafonnée | Totalité | 0,40 % | 2,11 % |
| Allocations familiales | Totalité | -- | 5,25 % |
| CSG déductible | 98,25 % du brut | 6,80 % | -- |
| CSG non déductible + CRDS | 98,25 % du brut | 2,90 % | -- |
| Chômage | Tranche A | -- | 4,00 % |
| Retraite compl. T1 | Tranche 1 | 3,15 % | 4,72 % |
| Retraite compl. T2 (cadres) | Tranche 2 | 8,64 % | 12,95 % |
| CEG T1 | Tranche 1 | 0,86 % | 1,29 % |
| Prévoyance cadres | Tranche 1 | -- | 1,50 % min |
Tous les taux proviennent des barèmes URSSAF 2026 via notre moteur de calcul. Depuis le 1er janvier 2026, les taux de maladie et d'allocations familiales sont uniques (les anciens taux réduits ont été intégrés dans la RGDU).
Plafonds et tranches 2026
Les cotisations sociales ne s'appliquent pas toutes sur la même assiette. Certaines portent sur la totalité du salaire brut, d'autres sur une tranche limitée par le plafond de la Sécurité sociale. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour calculer correctement un bulletin de paie.
PMSS 2026
4 005,00 €
par mois
PASS 2026
48 060,00 €
par an
Tranche 1 (T1)
La Tranche 1 correspond à la part du salaire brut comprise entre 0 et le PMSS (4 005,00 €/mois). Elle concerne l'ensemble des salariés (cadres et non-cadres) et sert de base à la vieillesse plafonnée, la retraite complémentaire T1, la CEG T1, le chômage et l'AGS.
Tranche 2 (T2)
La Tranche 2 couvre la part du salaire brut entre 1 PMSS et 8 PMSS (de 4 005,00 € à 32 040 €/mois). Elle s'applique principalement aux cadres pour la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO et la CEG T2. Un non-cadre dont le salaire dépasse le PMSS cotise également sur cette tranche pour la retraite complémentaire.
Seuil de 3 SMIC et réduction générale
La réduction générale des cotisations patronales (ex-Fillon) s'applique aux rémunérations inférieures à 3 SMIC mensuel brut, soit 5 469,09 € en 2026. Son montant est maximal au niveau du SMIC (1 823,03 €) et diminue progressivement jusqu'à s'annuler à 3 SMIC. Elle porte sur les cotisations maladie, allocations familiales, vieillesse de base, chômage et retraite complémentaire.
Du brut au net : impact concret
Pour mieux comprendre l'impact réel des cotisations, voici le détail du passage du salaire brut au salaire net pour trois profils représentatifs en 2026. Tous les montants sont calculés automatiquement par notre moteur de paie.
| Profil | Brut | Cotisations salariales | Net avant impôt | Coût employeur |
|---|---|---|---|---|
| SMIC non-cadre | 1 823,03 € | 401,86 € | 1 421,17 € | 2 042,03 € |
| 2 500 EUR non-cadre | 2 500,00 € | 542,95 € | 1 957,05 € | 3 370,90 € |
| 2 500 EUR cadre | 2 500,00 € | 547,18 € | 1 952,82 € | 3 409,30 € |
On constate que le statut cadre implique un prélèvement salarial légèrement supérieur à brut égal, principalement en raison de la cotisation prévoyance et de la retraite complémentaire Tranche 2. L'écart entre le brut et le net avant impôt représente environ 22 % du brut pour un non-cadre standard, et environ 21 % pour un cadre au-dessus du PMSS.
Cotisations par catégorie
Les cotisations sociales se répartissent en quatre grandes familles. Chacune finance un pilier de la protection sociale française.
Santé
Les cotisations santé financent l'assurance maladie, la complémentaire santé obligatoire et la prévoyance. La cotisation maladie patronale est de 13,00 % pour tous les employeurs (taux unique depuis la suppression du « bandeau maladie » au 1er janvier 2026, intégré dans la RGDU).
- Maladie-maternité-invalidité-décès : 13,00 % patronal (taux unique)
- Complémentaire santé : au minimum 50 % de la cotisation à la charge de l'employeur
- Prévoyance cadres : 1,50 % minimum patronal sur la Tranche 1
Retraite
Le système de retraite repose sur deux étages obligatoires : la retraite de base (Sécurité sociale) et la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO). S'ajoutent la Contribution d'Équilibre Générale (CEG) et la Contribution d'Équilibre Technique (CET).
- Vieillesse plafonnée : 6,90 % salarial + 8,55 % patronal (T1)
- Vieillesse déplafonnée : 0,40 % salarial + 2,11 % patronal (totalité)
- Retraite complémentaire T1 : 3,15 % salarial + 4,72 % patronal
- Retraite complémentaire T2 : 8,64 % salarial + 12,95 % patronal (cadres)
- CEG T1 : 0,86 % salarial + 1,29 % patronal
- CEG T2 : 1,08 % salarial + 1,62 % patronal
- CET : 0,14 % salarial + 0,21 % patronal
Famille et chômage
Les cotisations famille financent les prestations de la CAF (allocations familiales, APL, prime d'activité). L'assurance chômage et l'AGS protègent les salariés en cas de perte d'emploi ou de liquidation de l'employeur.
- Allocations familiales : 5,25 % patronal (taux unique depuis le 1er janvier 2026)
- Chômage : 4,00 % patronal (plus de part salariale depuis oct. 2018)
- AGS : 0,20 % patronal (garantie des salaires)
Autres contributions
Plusieurs contributions additionnelles s'ajoutent aux cotisations de base. La CSG et la CRDS représentent à elles seules près de 10 % du salaire brut.
- CSG déductible : 6,80 % salarial (sur 98,25 % du brut)
- CSG non déductible : 2,40 % salarial (sur 98,25 % du brut)
- CRDS : 0,50 % salarial (sur 98,25 % du brut)
- Contribution formation professionnelle : 0,55 % ou 1,00 % patronal (selon effectif)
- Taxe d'apprentissage : 0,68 % patronal
- Participation construction : 0,45 % patronal (entreprises ≥ 50 salariés)
- Forfait social : 20 % patronal sur épargne salariale et prévoyance
Exonérations et réductions de cotisations
Plusieurs dispositifs permettent de réduire le poids des cotisations patronales. Ils visent à encourager l'emploi, soutenir les petites structures et développer l'activité dans certaines zones géographiques.
Réduction générale des cotisations (ex-Fillon)
Exonération dégressive des cotisations patronales pour les salaires compris entre le SMIC (1 823,03 €) et 3 SMIC (5 469,09 €). Elle couvre les cotisations maladie, allocations familiales, vieillesse, chômage et retraite complémentaire. Au SMIC, le coût employeur est réduit à environ 12 % de charges patronales grâce à cette exonération.
Exonérations apprentis
Les contrats d'apprentissage bénéficient d'une exonération totale des cotisations salariales (dans la limite de 79 % du SMIC) et de la réduction générale des cotisations patronales. La rémunération de l'apprenti est également exonérée de CSG-CRDS et d'impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel.
JEI, ZRR et DOM-TOM
Les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) bénéficient d'exonérations sur les cotisations patronales maladie, vieillesse et allocations familiales pour les chercheurs et techniciens de recherche. Les entreprises en Zone de Revitalisation Rurale (ZRR) et dans les départements d'outre-mer (DOM-TOM) profitent de dispositifs spécifiques d'allègement de charges pouvant aller jusqu'à l'exonération totale pour certains profils.
Aide à l'embauche
Plusieurs aides à l'embauche permettent de réduire le coût des cotisations : aide à l'embauche des travailleurs handicapés, contrats de professionnalisation pour les plus de 45 ans, et aide à l'embauche en ZRR. Ces dispositifs se cumulent parfois avec la réduction générale sous certaines conditions.