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Guide complet 2026

Arrêt Maladie et Bulletin de Paie en 2026 — Guide Complet

L'arrêt maladie est l'un des événements les plus fréquents en gestion de paie. Il entraîne des modifications significatives sur le bulletin : retenue d'absence, indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), maintien de salaire par l'employeur et éventuelle subrogation. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour vérifier l'exactitude de sa fiche de paie.

Ce guide détaille le fonctionnement complet de l'arrêt maladie sur le bulletin de paie en 2026 : calcul des IJSS, règles de maintien de salaire, subrogation, jours de carence et exemples chiffrés calculés automatiquement à partir des barèmes officiels.

Comment l'arrêt maladie impacte le bulletin de paie

Lorsqu'un salarié est en arrêt maladie, son bulletin de paie est modifié à plusieurs niveaux. Voici les principales conséquences visibles sur la fiche de paie.

Retenue pour absence maladie

Le salaire brut est diminué proportionnellement aux jours d'absence. La méthode de calcul la plus courante est la méthode du taux horaire réel (salaire mensuel / nombre de jours ouvrables du mois × jours d'absence). Certaines conventions collectives imposent la méthode des jours calendaires (salaire / 30 × jours d'absence).

Complément employeur (maintien de salaire)

Si le salarié remplit les conditions d'ancienneté, l'employeur verse un complément de salaire qui apparaît sur le bulletin. Ce montant est soumis aux cotisations sociales comme le salaire brut ordinaire.

IJSS (sur le bulletin ou hors bulletin)

Les IJSS peuvent apparaître sur le bulletin en cas de subrogation (l'employeur perçoit les IJSS et les reverse au salarié). Sans subrogation, les IJSS sont versées directement par la CPAM au salarié et n'apparaissent pas sur le bulletin, mais une ligne indicative peut les mentionner.

L'arrêt maladie impacte également les cotisations sociales : celles-ci sont recalculées sur le salaire brut effectivement versé (réduit par l'absence). Les IJSS versées par la Sécurité sociale ne sont pas soumises aux cotisations sociales classiques mais sont assujetties à la CSG/CRDS à un taux réduit (6,20 % au lieu de 9,20 %).

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS)

Les IJSS sont versées par la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) pour compenser partiellement la perte de revenus du salarié en arrêt maladie. Voici les règles de calcul en 2026.

Formule de calcul des IJSS

Salaire journalier de base = Somme des 3 derniers salaires bruts / 91,25

IJSS journalière = Salaire journalier de base × 50 %

Plafond IJSS = 1,8 × SMIC mensuel / 30

Conditions d'ouverture des droits

  • Arrêt < 6 mois : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant l'arrêt, ou avoir cotisé sur un salaire ≥ 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois précédents.
  • Arrêt > 6 mois : être affilié depuis au moins 12 mois et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 mois précédant l'arrêt.
Paramètre Valeur 2026
Taux d'indemnisation 50 % du salaire journalier
Plafond mensuel de référence 3 281,45 €
IJSS journalière pour 2 500,00 € brut 41,67 €
Délai de carence Sécurité sociale 3 jours
Durée maximale 360 jours sur 3 ans

Les IJSS sont soumises à la CSG (6,20 %) et à la CRDS (0,50 %) soit un prélèvement total de 6,70 %. Elles sont également imposables à l'impôt sur le revenu.

Le maintien de salaire employeur

En plus des IJSS, l'employeur est tenu de verser un complément de salaire au salarié en arrêt maladie, sous certaines conditions. Ce mécanisme est prévu par la loi de mensualisation (articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du Code du travail).

Conditions du maintien légal

  • 1 an d'ancienneté minimum dans l'entreprise.
  • Avoir transmis le certificat médical dans les 48 heures.
  • Être pris en charge par la Sécurité sociale (droits ouverts aux IJSS).
  • Être soigné en France ou dans un État de l'EEE.
Ancienneté Période à 90 % Période à 66,66 %
1 à 5 ans 30 jours 30 jours
6 à 10 ans 40 jours 40 jours
11 à 15 ans 50 jours 50 jours
16 à 20 ans 60 jours 60 jours
21 à 25 ans 70 jours 70 jours
26 à 30 ans 80 jours 80 jours
≥ 31 ans 90 jours 90 jours

Le maintien de salaire se calcule déduction faite des IJSS. Autrement dit, l'employeur complète ce que la Sécurité sociale ne couvre pas, pour atteindre 90 % puis 66,66 % du salaire brut. Un délai de carence de 7 jours s'applique au maintien employeur (sauf disposition conventionnelle plus favorable).

Attention : la convention collective peut prévoir des conditions plus avantageuses (pas de condition d'ancienneté, maintien à 100 %, durée plus longue). Il est essentiel de vérifier la convention applicable à votre entreprise.

Subrogation : quand l'employeur avance les IJSS

La subrogation est un mécanisme par lequel l'employeur perçoit directement les IJSS de la CPAM à la place du salarié. En échange, le salarié reçoit son salaire maintenu intégralement via le bulletin de paie, sans avoir à attendre le versement de la Sécurité sociale.

Sans subrogation

  • Le salarié reçoit les IJSS directement de la CPAM
  • L'employeur verse le complément uniquement
  • Deux flux de paiement distincts pour le salarié

Avec subrogation

  • L'employeur verse la totalité du salaire maintenu
  • L'employeur perçoit les IJSS de la CPAM
  • Un seul flux de paiement, plus simple pour le salarié

La subrogation est obligatoire lorsque le salaire maintenu par l'employeur (y compris pendant la période à 90 % ou 66,66 %) est égal ou supérieur au montant des IJSS. En pratique, c'est presque toujours le cas.

Impact sur le bulletin avec subrogation

Ligne « Absence maladie » : retenue du salaire brut proportionnelle à la durée de l'arrêt.

Ligne « Maintien employeur » : complément versé par l'employeur (soumis à cotisations).

Ligne « IJSS subrogées » : montant des IJSS perçues par l'employeur et réintégrées au net.

Exemple chiffré : bulletin pendant un arrêt maladie

Prenons l'exemple d'un salarié non-cadre avec un salaire brut habituel de 2 500,00 €, en arrêt maladie pendant 10 jours calendaires. Il a plus d'un an d'ancienneté et bénéficie du maintien de salaire légal avec subrogation.

Décomposition du bulletin

Ligne du bulletin Détail Montant
Salaire de base (mois complet) 151,67 h 2 500,00 €
Retenue absence maladie 10 jours −1 153,70 €
Maintien employeur (90 %) 7 jours indemnisés +746,64 €
IJSS brutes subrogées 41,67 €/j × 7 j +291,69 €

Résumé pour le salarié

Salaire brut habituel : 2 500,00 €

Net habituel (avant impôt) : 1 957,05 €

IJSS perçues (7 jours) : 291,69 €

Délai de carence SS : 3 jours (non indemnisés par la CPAM)

Grâce au maintien de salaire et à la subrogation, le salarié perçoit un bulletin unique avec un montant proche de sa rémunération habituelle. La différence réside dans la répartition : une partie provient de l'employeur (le complément), l'autre de la Sécurité sociale (les IJSS subrogées).

Jours de carence et franchise

Il existe deux types de délais de carence en cas d'arrêt maladie, qu'il ne faut pas confondre.

Carence Sécurité sociale

3 jours

Les IJSS ne sont versées qu'à partir du 4ème jour d'arrêt. Les 3 premiers jours ne sont pas indemnisés par la CPAM, sauf en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle.

Carence employeur

7 jours

Le maintien de salaire légal ne démarre qu'au 8ème jour d'arrêt. Certaines conventions collectives suppriment ce délai ou le réduisent.

Exceptions au délai de carence

  • Accident du travail / maladie professionnelle : pas de délai de carence, IJSS dès le 1er jour, taux majoré à 60 % puis 80 %.
  • Affection de longue durée (ALD) : la carence ne s'applique qu'au premier arrêt.
  • Rechute dans les 48 h : pas de nouveau délai de carence si la reprise est suivie d'un nouvel arrêt pour le même motif.

En pratique, les jours de carence représentent une perte de revenu significative pour le salarié, surtout lors d'arrêts courts. De nombreuses conventions collectives prévoient la suppression du délai de carence employeur et parfois même la compensation des jours de carence Sécurité sociale. Vérifiez toujours votre convention collective.

FAQ

Questions fréquentes

Combien de jours de carence pour un arrêt maladie en 2026 ?
En 2026, le délai de carence de la Sécurité sociale est de 3 jours. Cela signifie que les IJSS ne sont versées qu'à partir du 4ème jour d'arrêt. Ce délai de carence ne s'applique pas en cas d'accident du travail, de maladie professionnelle, ou lorsque la reprise intervient dans les 48 heures suivant un précédent arrêt pour la même affection de longue durée (ALD).
Quel est le montant des IJSS en cas d'arrêt maladie ?
Les IJSS représentent 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les 3 derniers mois de salaire brut (plafonné à 1,8 SMIC mensuel soit 3 281,45 € en 2026). Pour un salaire de 2 500,00 € brut, l'IJSS est d'environ 41,67 € par jour. À partir du 31ème jour d'arrêt, ce taux peut être porté à 66,66 % si le salarié a au moins 3 enfants à charge.
L'employeur est-il obligé de maintenir le salaire pendant un arrêt maladie ?
Oui, sous conditions. La loi de mensualisation (accord interprofessionnel de 1978) impose un maintien de salaire après 1 an d'ancienneté. Le maintien est de 90 % du brut pendant les 30 premiers jours, puis 66,66 % les 30 jours suivants (durées augmentées de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté). La convention collective peut prévoir des conditions plus favorables.
Qu'est-ce que la subrogation en cas d'arrêt maladie ?
La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement les IJSS de la Sécurité sociale à la place du salarié. En contrepartie, l'employeur verse au salarié la totalité de sa rémunération (maintien de salaire). La subrogation est obligatoire quand le maintien de salaire est égal ou supérieur aux IJSS. Sur le bulletin, les IJSS apparaissent en déduction des montants versés par l'employeur.
L'arrêt maladie a-t-il un impact sur les congés payés ?
Depuis la loi du 22 avril 2024, les périodes d'arrêt maladie (y compris d'origine non professionnelle) ouvrent désormais droit à l'acquisition de congés payés, à raison de 2 jours ouvrables par mois d'absence (dans la limite de 24 jours ouvrables par an). Cette règle s'applique rétroactivement depuis le 1er décembre 2009 pour les arrêts en cours ou les litiges non prescrits.

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